Vendredi 4 décembre 2009 5 04 /12 /Déc /2009 23:32

Tout bien réfléchi, on se rend compte lorsque l’on se trouve en Nouvelle-Calédonie que la Nouvelle-Zélande ce n’est pas si loin. Et puis en Nouvelle-Zélande, il y a des pingouins. Deux bonnes raisons pour chevaucher mon tapis volant et partir par delà les mers direction le grand sud. Celui où les gens marchent la tête en bas, où en hiver, c’est l’été, et où les moutons sont si nombreux que l’on pourrait leur donner le droit de vote.

 

Auckland, première étape du périple. Pas que la ville vaille le détour, mais il fallait bien commencer par là pour organiser les choses. Trois semaines à rester en Nouvelle-Zélande, de quoi faire le tour complet du pays.

Je m’oriente vers la location d’une voiture. Ici, ce n’est pas très cher et j’aurai ainsi plus de latitude pour explorer cette grande île.

Je jette mon dévolu sur une vielle Toyota RAV4 (226 000 km au compteur tout de même…), vielle, mais à bon prix et idéale pour faire du tout chemin (tant que le châssis ne frotte pas, moi je dis que ça passe !). Equipé de la sorte, je vais pouvoir faire du camping sauvage dans des endroits bien paumés. Il me faut une tente. Katmandou, le Décat’ local, a pensé à moi et organise une promo tente plus duvet plus matelas. J’achète. Pour la bouffe, je ferai du feu, je suis passé maître en la matière, surtout pour faire du café.

 

C’est parti, direction Taupo au centre de l’île du nord. Le temps n’est pas de la partie et j’abandonne l’idée de camper dehors. Je vais passer la nuit au Tiki Lodge Backpaker. Sur la route, pluvieuse, j’aurai fait un arrêt minute à Rotura pour admirer la géothermie qui fait la réputation de la ville. Il sort du sol des fumeroles soufrées et certains trous recèlent de la boue en ébullition. Amusant, mais ça sent pas bon.

 

L’objectif est de gagner rapidement l’île du sud. Pour cela, je dois prendre le ferry à Wellington et je compte y être le soir même. N’empêche, je ferai un détour par le Tongariro National Park histoire d’aller voir les sommets enneigés du mont Ngauruhoe et du mont Ruapehu.

 

Ca y est, je suis enfin arrivé à Wellington. Je réserve une place sur le ferry du lendemain et vais me promener dans la ville. C’est beaucoup plus joli qu’Auckland. Il semble faire bon vivre dans cette ville côtière et son front de mer est fort animé. Le beau temps, de la partie, doit être pour quelque chose dans mon ressenti.

 

Ferry, débarcadère, Picton. J’ai hâte de voir mon premier pingouin. Je me renseigne. Où sont les pingouins ? Peut-être à Abel National Park. Allons-y. Cela se trouve à l’extrême nord de l’île du sud, vous suivez ? Jusque là, je suis un peu surpris par la Nouvelle-Zélande. Ce n’est pas si sauvage que ça, les routes sont fort bonnes et c’est globalement peuplé de partout. On ne se sent jamais trop isolé, même lorsque l’on sort des sentiers battus. Ce n’est pas comme en Australie sur ce point. On peut même rouler de nuit, il n’y a aucune grosse bête qui va vous foncer dessus. Même les moutons, très présent en effet, restent sagement derrière leur clôture. Et pour le moment, le nord du sud ne déroge pas à la règle. Les véhicules sont nombreux, les touristes avec. Pour l’aventure, on repassera. C’est joli, un peu comme en Europe en fait. Des paysages entre la Bretagne, les Vosges et le Massif Central (oui, la France, c’est l’Europe).

Et les pingouins alors ? Et bien je n’en ai pas vu sur les côtes d’Abel. Par contre, deux canards pas farouches sont venus piqueniquer à coté de mon emplacement de camping. Et oui, première nuit sous la tente, dans un camping.

 

Du nord, j’envisage de faire le tour de l’île à partir de la côte ouest. Je descends donc sur Greymouth en longeant la côte. Le temps est épouvantable. Il pleut fort et il y a du brouillard. Bravant les intempéries, je vais voir du côté du Cape Foulwind en quête d’otaries. A défaut de pingouins, je vais faire avec. Effectivement, j’en vois de loin qui se prélasse sur les rochers humides et venteux du bord de mer. Ces gros animaux se trouvent loin et je les observe depuis une falaise. Bon, mieux que rien.

 

Je passe la nuit à Greymouth, au chaud dans une Guesthouse. Pas question de sortir la tente par ce temps.

 

Départ en direction de Queenstown le lendemain. Je ne sais pas encore où je vais passer la nuit, l’important c’est de descendre vers le sud. Il fait toujours un temps pourri et c’est bien dommage car la route qui longe les fameuses Alpes du sud est magnifique. Malheureusement, je ne vois rien des sommets qui sont pris dans d’épais nuages. Par chance, une éclaircie au passage du Franz Glacier, proche de la route principale, me permet de faire quelques clichés de la coulée de glace. Un glacier, un temps pourri, pour sûr ici, c’est la montagne ! Une montagne abrupte, accidentée et pourtant proche de la mer. Le contraste entre la côte et les sommets, que je devine plus que je ne les vois est saisissant. Sur la route, je ferai aussi un arrêt aux Pancake Stuf, étrange formation alcaline qui fait ressembler la roche à un amoncellement de crêpes géantes posées les unes sur les autres. Vraiment dommage qu’il fasse si mauvais…

 

Toujours en quête de pingouins, je pousse jusqu’à Jackson Head. C’est au-delà de la route principale, et d’ailleurs, ça ne va nulle part. Le temps s’est amélioré et je compte bien trouver les fameux volatiles. Des panneaux annoncent leur présence sur la route, je brûle ! Fin de la route côtière, pas encore vu de pingouins. Qu’à cela ne tienne, je gare la bagnole et continu à pieds passé un petit port de pêche. Je marche longtemps jusqu’à entendre des sortes de caquètements au loin. Je ne connais pas le son produit par un pingouin, mais ce bruit là n’a rien de connu, ça doit donc en être. Et bingo ! En voilà un qui se carapate à travers les rochers. Je saisi l’appareil mais le bête et craintive et se tire vite fait. Clic-clac, photo, observation et le volatile est parti… à pied. Beaucoup de kilomètres pour un oiseau qui ne vole même pas. Mais content quand même.

 

Objectif n°1 atteint, l’objectif n°2 peut commencer. Je souhaite faire du camping très sauvage, tout seul, dans le coin le plus paummé de part ici. Je trouve une piste qui longe la Jackson River et roule longtemps avant de repérer un emplacement idéal au bord de la rivière. Dégun par ici, ce sera parfait. Je plante la tente et fais un feu. J’ai des pates chinoises à cuire dans une gamelle en métal et des saucisses à piquer sur un bout de bois. Un vin local accompagnera le tout. Les montagnes, la rivière et moi, je suis ravi et m’endors rapidement sous un ciel étoilé. Las, vers minuit, la pluie me réveille. Pourvu que ma tente « légère » tienne le coup… Six heures du matin, l’inondation commence. L’eau rentre par la fermeture éclair de mon abri et mon duvet commence à prendre l’eau. C’est en catastrophe, sous une pluie battante et froide que je plis mon barda en urgence. La Nouvelle-Zélande, c’est très vert, et je comprends mieux pourquoi.

 

La route en direction de Queenstown serpente à travers la montagne, très joli… sans le brouillard, persistant. L’après-midi, ça se découvre et vraiment, on se croirait dans les Alpes. Lacs, montagnes et sommets enneigés se succèdent à mon grand enchantement.

 

Rendu à Queenstown, je m’installe à nouveau dans une Guesthouse, au bord du lac. La ville a un air d’Annecy, construite à flan de montagne et dévalant jusqu’au bord du lac Wakatipu.

 

Les activités sont nombreuses par ici, du saut à l’élastique en passant les pistes de luge d’été et les ballades en bateau sur les rivières alentour. Je choisi un tour en Shotover Jet. Ce sont les néo-zélandais qui ont inventé le concept, je vous laisse en prendre connaissance sur la vidéo ci-jointe.

 

Je profiterai aussi de mon 4X4 pour aller explorer la région minière et les ruines datant de la ruée vers l’or du début du siècle dernier. Etonnant comme un RAV4 passe partout. Il y a vraiment de la marge et on peut s’aventurer sur des pistes particulièrement défoncées. Au passage, j’irai toucher la neige et faire un nouveau copain pour Madame Irma.

 

Fin de la haute montagne. Je pars ce matin en direction d’Invercargill, à l’extrémité sud de l’île du sud. Peut-être vais-je rencontrer d’autres pingouins ?

Par Arnaud Bastid
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