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Les derniers jours en Nouvelle-Zélande se sont très bien passés. J’ai trouvé une Guesthouse très agréable
dans la petite ville de Taria, sur la péninsule de Corendel au nord est de l’ile du nord, à environ 200 km d’Auckland. La vue de la terrasse donnait sur une petite colline en bord d’estuaire, et
cela conférait au lieu un petit air de Mont-St Michel.
J’ai fait la connaissance sur place de Tano, un japonais qui voyageait avec sa copine thaïlandaise, ainsi que de Matt, un Australien en vacance. Nous avons échangé sur les
différentes façons de cuisiner et Tano nous a épatés avec son poulpe préparé de multiple façon. Et quel poulpe, un animal énorme que Tano avait lui-même pêché au milieu des rochers et dont il
connaissait les secrets de préparation et de dépiautage. Au cours d’une partie de pêche de nuit au harpon dans l’estuaire, Matt nous a régalé de quelque plantes médicinale propre à redonner le
sourire au plus blasé des voyageurs. On s’est bien marré, même si on a rien attrapé (tu m’étonnes…).
De retour sur Auckland, c’est par hasard, dans la rue, que j’ai croisé Nancy, avec laquelle j’avais partagé une petite Guesthouse pas loin de la ville de Napier. Le soir même, par
email, Nancy m’a invité à partager le couvert chez elle et son mari. Cela m’aura permis de ne pas passer ma dernière soirée néo-zélandaise seul et je remercie encore Nancy et David pour leur
hospitalité.
Le lendemain, samedi, je m’envolais pour Nouméa où Karine m’attendait.
Retrouvaille de court durée puisque dés lundi, je devais reprendre l’avion pour les Fidji.
C’est étrange, est-ce le fait que j’étais déjà venu en Nouvelle-Calédonie, mais je n’ai éprouvé aucune appréhension dans l’avion, comme si je rentrais dans mon propre pays, en terrain connu. Et en effet, je dois dire que je me sens plutôt bien dans ce lointain territoire français. C’est comme à la maison, un certain exotisme en plus.
Week-end tranquille entre resto et barbecue chez les amis de Karine. Ici, c’est le plein été. Il fait chaud et les soirées sont très agréables, le gens aussi.
Lundi 14 décembre, grand départ pour les Fidji. J’arrive à l’aéroport vers 7h30 pour un départ prévu à 9h. L’avion a une demi-heure de retard au décollage et dès le départ, le pilote nous prévient qu’une tempête tropicale risque de nous chahuter un peu. Le vol se passe pourtant sans heurts jusqu’à ce que le pilote nous informe que nous ne pourrons pas atterrir aux Fidji, la tempête tropicale s’étant transformée en cyclone. Oups ! Nous sommes détournés sur Wallis et Futuna à 2 heurs de vol de notre position. Atterrissage, formalité douanière (j’ai le tampon sur le passeport !) et longue attente dans la salle de transit. Trois heures plus tard, on nous apprend qu’il n’est toujours pas possible d’atterrir aux Fidji et que nous devons retourner à Nouméa. Bon, cinq heures d’avion au total, plus trois heures d’attente à Wallis, égale une journée perdue… A l’aéroport de Nouméa, contre toute attente, on nous laisse à notre triste sort de voyageur dérouté. Nous ne sommes pourtant qu’une dizaine dans mon cas puisque l’A320 ne devait faire qu’une escale au Fidji et le gros des passagers est descendu à Wallis.
Les personnel d’Air Calin, qui craint vraiment, nous expliques qu’ils ont des « consignes » pour nous laisser choir et ne sont même pas foutu de nous trouver une navette pour Nouméa (qui se trouve tout de même à 40 bornes de là et n’est reliée que par la route et qu’il n’y a aucun bus qui fasse le trajet à cette heure-ci). Aucun hébergement n’est prévu par la compagnie, pas même une petite aide pour trouver un hôtel, rien, que dalle… ils ont des instructions ! Je rêve. Bon, je ne rêve pas. J’appelle Karine d’un téléphone que quelqu’un veut bien me prêter et me trouve une navette tout seul comme un grand sur le parking. Les instructions d’Air Calin, outre de laisser le client en rade à l’aéroport, sont de passer le lendemain matin à leur bureau de Nouméa afin de voir ce qu’il est possible de faire. Flou total.
Chez Karine, c’est de plus en plus compliqué car ce n’est plus chez Karine. C’était déjà le cas les jours précédent car elle à rendu son appart’ il y a quelques semaines et qu’elle s’en est fait prêté un autre, plus petit. On va se débrouiller, comme toujours. Bien que le frigo et les placards soient vides, Karine rentrant en métropole dans quelques jours, il y a des bières au frais, fraichement achetées pour fêter mon retour. Merci Mlle K, cette délicate attention m’aidera à faire retomber un peu la tension qui m’anime.
Le lendemain, au prix d’un planning fort complexe, Karine met sa voiture à ma disposition pour que je me rende à l’agence Air Calin de Nouméa. J’attends, sont pas pressés chez Air Calin, des instructions sans doute. Vient mon tour. Bonne nouvelle, le prochain vol qui me conduira au Fidji est pris en charge. En revanche, les frais, navette et hébergement sont pour ma pomme. Heureusement que je connais quelqu’un sur place... Le petit souci, c’est qu’on ne sait toujours pas si je vais pouvoir partir par l’avion du mercredi, une réunion est en cours. Ils me font bien marrer chez Air Calin, ils font une réunion toute la matinée pour savoir si 10 pékins vont pouvoir repartir. Oulàlà, 10 personnes à recaser, faut faire une réunion. Depuis le lundi, 11h du matin, ils savent que 10 malheureux non pas pu arriver à destination, mais ils attendent tranquillou le mardi matin pour faire une réunion. Par contre, pour donner des instructions visant à laisser moisir les clients à l’aéroport, ils ont été plus rapides. Avec un peu de chance, ont-ils du penser, les voyageurs vont se perdre, mourir de faim, se supprimer par désespoir, et le problème sera réglé. Pas de chance, je ne me suis pas perdu, aucun cagou ne m’a dévoré, et Karine a pu me loger. Bon ok, y’a réunion, jusqu’à quand ? Oulà, milieu d’après-midi me dit-on. Surtout ne pas rire… On va m’appeler. Mais je n’ai pas de téléphone. On va appeler mon « contact ». Mais comment mon contact va me prévenir ? On va m’envoyer un email, et de chez mon « contact », je pourrais le lire. Mais je rends la Twingo à midi, Karine en a absolument besoin pour l’après-midi. Comment vais-je faire pour retourner chez elle, et retourner faire un caca nerveux chez Air Calin si je ne reçois pas de d’email ?
La réputation de branquignole d’Air Calin n’est plus à faire et tout le monde au bureau de Karine me conseille vivement de m’y pointer direct en début d’après-midi. En effet, s’ils ne me trouvent pas de place sur le vol de mercredi (demain), ils me placeront dans le prochain, le… 28 décembre ! Et là, pas pareil, Karine part vendredi, donc plus d’hébergement, de bagnole, d’internet et de bière dans le frigo. Je stresse.
A l’agence, vers 13h30, on me confirme enfin que je vais bien pouvoir partir mercredi. Ouf, mais la personne en charge des billets électronique n’est pas là. Je dois repasser vers 14h30. Ils commencent à me courir eux… Allez, direction la place des cocotiers pour prendre un café bien mérité. Heureusement que je connais la ville. Je me mets à la place de quelqu’un qui y ferait une simple escale, sans point de repère…
Ça y est, il est 15h et j’ai mon billet. Je prends le bus et me dirige vers Ouemo, le quartier de Nouméa au réside Mlle K. Reste à trouver une navette pour le lendemain, à 5h45 du matin. Pas de téléphone à l’appart d’emprunt et je me galère encore un peu. En 9 mois de voyage, c’est en France, enfin, sur un territoire français que j’aurai eu le plus de galère question transport. Etonnant.
Mercredi, je me pose à Nadi, aux Fidji après un trajet sans encombre. La ville n’a pas trop souffert du cyclone même si des arbres arrachés témoignent de la violence des événements. J’organise mon périple aux Fidji et m’oriente vers une longue étape sur l’ile de Taveuni, un spot de plongée mondialement réputé. Y aller ne sera pas chose facile puisque je vais devoir prendre le bus jusqu’à Suva, la capitale, et une série de bateaux qui reste encore à déterminer.