Samedi 14 novembre 2009 6 14 /11 /Nov /2009 12:41

J’étais parti pour vous écrire notre semaine de camping en Nouvelle-Calédonie, avec Débo et Karine. J’étais parti et je l’ai fait, j’ai écrit tout ça. Trois pages d’un récit aussi plat qu’une raie pastenague, aussi ennuyeux qu’un vol sans hôtesse et aussi formel qu’un mode d’emploi de shampooing (« Appliquez sur cheveux mouillés – sic ! – Massez en douceur – si tu ne veux pas te faire mal, après tu fais comme tu veux hein…– Rincez abondamment – voilà, ne sois pas radin avec la flotte »).



 

Dois-je vous infliger ça, vous proposer et par conséquent vous faire lire ce récit sans intérêt ? Pas que le périple fut ennuyeux, bien au contraire. De la péripétie en veux-tu en voilà. Des plages de sable blanc comme sur carte postale. Des autochtones adorables. De la route à horaire que si je te dis qu’on a préféré faire un détour de 150 bornes plutôt que de la prendre tu n’y croiras même pas.

Quelques brouilles aussi, des histoires de palmes oubliées dans le coffre de la bagnole ou de cigarettes fumées trop loin… mais rien de bien grave et même trois fois rien pour 3 personnes au caractère bien trempé et qui ont du composer avec « l’autre » pendant une semaine de camping.

Il y eu même des situations tendues propre à mettre les nerfs en pelote de tout individu normal. La panne de gaz par exemple. La panne de gaz en camping figure parmi les événements les plus terribles qu’il soit. Pas de gaz, pas de cuisine. Et surtout, pas de café au réveil. Pas de café, journée gâchée. Ainsi, d’une bravoure incroyable Karine et moi, nous avons accepté un matin de faire un café au feu de bois… par grand vent. Malin, car on a fait des études supérieures (et ouais et ouais*), nous avons cru bon de nous mettre dans un faré pour faire le café. Et guise de café, nous avons eu 2 gardois fumés au feu de bois, qui pendant plus d’une heure, ont mis de petit bout de bois sous la cafetière italienne de Débo (ramenée de France à cet effet). Plus d’une heure de lutte pour obtenir un café bouillu, café foutu. Une action pourtant collective, Débo au bois, Arnaud à la chauffe, Karine partout. Echec donc, mais bonne ambiance malgré tout !

Pourtant du gaz, on en a cherché. Chaque station service de la grande terre aura été visitée, chaque quincaillerie prospectée, même celle de Canala. Point de bouteille 300 CV Click Plus Truc de chez Camping Gaz. Rien, nada. Faudra leur dire chez Camping Gaz que ça ne sert à rien de vendre des réchauds si on ne trouve pas les recharges, hein.

 

Donc oui, une très belle semaine, avec plein de choses à voir. Mais je ne suis pas arrivé à la raconter. Même la poule de Hienguène, elle ne rendait pas.

Du coup, après 3 pages de banalités sur la Nouvelle-Calédonie, je n’ai même pas eu le courage d’écrire le récit de nos trois jours passés sur l’île des Pins avec Débo.

 



Avec Débo car Karine avait repris le boulot. Karine elle habite ici, y’a pas que des avantages.

Plein d’inconvénients même. La Nouvelle-Calédonie, c’est très cher. Très très cher. Je ne sais pas comment ils se débrouillent, avec l’Asie du Sud-est si proche et l’Australie ainsi que la Nouvelle-Zélande pas loin, mais tout est cher. A croire qu’ils achètent tout en France, à 17 000 km ! Bref, c’est cher. Et question climat, peut mieux faire. Ca se dit tropical, mais en fait, on se les gèle assez souvent. On se les gèle, ça veut dire du 18-20° sur la terrasse le soir, assez pour sortir la polaire. Et question baignade, sans shorty, tu ne tiens pas plus d’un quart d’heure.

Allez faut pas faire la fine bouche et l’eau est bsouvent d’une limpidité et d’un bleu exceptionnel. Particulièrement à l’île des Pins, situé à 140 km au sud de Nouméa et qui est par conséquent à l’abri des alluvions de la grande terre qui troublent l’eau par endroits. Et sur l’île des Pins, la plupart des plages sont des plages d’atoll, protégé des remous du grand large par une ceinture de corail, rendant l’eau calme et claire et le sable d’une blancheur exceptionnelle.

 

Du très bon et du très beau que tout cela.

 

Alors pourquoi tant de difficulté à la raconter ? Je ne sais pas, comme une sensation de faire le nénuphar. Je m’explique. Toujours en voyage, toujours loin de chez moi, j’ai eu pourtant la sensation à Nouméa d’être comme à la maison. Le fait d’être logé chez Karine, la présence de Déborah et notre grande proximité ne sont pas étrangers à cette sensation. Donc voilà, comme un nénuphar, je n’étais pas à même le sol, mon sol, mon chez moi, et pas non plus en voyage, totalement dans les airs.

Vous n’avez rien compris ? Ce n’est pas grave, retenez qu’un nénuphar, c’est joli.


Dès demain, le nénuphar va reprendre son tapis volant et partir en direction du grand sud. Le grand sud d’ici, outre Goro, c’est la Nouvelle-Zélande. Ce n’était pas prévu, mais un matin je me suis dis : tiens, et si j’allais en Nouvelle-Zélande. Et voilà, demain, j’atterri à Auckland.

 

A bientôt.

 

 

* et ouais, et ouais Débo

Par Arnaud Bastid
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