Dimanche 20 décembre 2009 7 20 /12 /Déc /2009 09:04

 

Les derniers jours en Nouvelle-Zélande se sont très bien passés. J’ai trouvé une Guesthouse très agréable dans la petite ville de Taria, sur la péninsule de Corendel au nord est de l’ile du nord, à environ 200 km d’Auckland. La vue de la terrasse donnait sur une petite colline en bord d’estuaire, et cela conférait au lieu un petit air de Mont-St Michel.PC081178

PC081183J’ai fait la connaissance sur place de Tano, un japonais qui voyageait avec sa copine thaïlandaise, ainsi que de Matt, un Australien en vacance. Nous avons échangé sur les différentes façons de cuisiner et Tano nous a épatés avec son poulpe préparé de multiple façon. Et quel poulpe, un animal énorme que Tano avait lui-même pêché au milieu des rochers et dont il connaissait les secrets de préparation et de dépiautage. Au cours d’une partie de pêche de nuit au harpon dans l’estuaire, Matt nous a régalé de quelque plantes médicinale propre à redonner le sourire au plus blasé des voyageurs. On s’est bien marré, même si on a rien attrapé (tu m’étonnes…).

 

PC111184De retour sur Auckland, c’est par hasard, dans la rue, que j’ai croisé Nancy, avec laquelle j’avais partagé une petite Guesthouse pas loin de la ville de Napier. Le soir même, par email, Nancy m’a invité à partager le couvert chez elle et son mari. Cela m’aura permis de ne pas passer ma dernière soirée néo-zélandaise seul et je remercie encore Nancy et David pour leur hospitalité.

 

Le lendemain, samedi, je m’envolais pour Nouméa où Karine m’attendait.

 

Retrouvaille de court durée puisque dés lundi, je devais reprendre l’avion pour les Fidji.

 

C’est étrange, est-ce le fait que j’étais déjà venu en Nouvelle-Calédonie, mais je n’ai éprouvé aucune appréhension dans l’avion, comme si je rentrais dans mon propre pays, en terrain connu. Et en effet, je dois dire que je me sens plutôt bien dans ce lointain territoire français. C’est comme à la maison, un certain exotisme en plus.

Week-end tranquille entre resto et barbecue chez les amis de Karine. Ici, c’est le plein été. Il fait chaud et les soirées sont très agréables, le gens aussi.

 

Lundi 14 décembre, grand départ pour les Fidji. J’arrive à l’aéroport vers 7h30 pour un départ prévu à 9h. L’avion a une demi-heure de retard au décollage et dès le départ, le pilote nous prévient qu’une tempête tropicale risque de nous chahuter un peu. Le vol se passe pourtant sans heurts jusqu’à ce que le pilote nous informe que nous ne pourrons pas atterrir aux Fidji, la tempête tropicale s’étant transformée en cyclone. Oups ! Nous sommes détournés sur Wallis et Futuna à 2 heurs de vol de notre position. Atterrissage, formalité douanière (j’ai le tampon sur le passeport !) et longue attente dans la salle de transit. Trois heures plus tard, on nous apprend qu’il n’est toujours pas possible d’atterrir aux Fidji et que nous devons retourner à Nouméa. Bon, cinq heures d’avion au total, plus trois heures d’attente à Wallis, égale une journée perdue… A l’aéroport de Nouméa, contre toute attente, on nous laisse à notre triste sort de voyageur dérouté. Nous ne sommes pourtant qu’une dizaine dans mon cas puisque l’A320 ne devait faire qu’une escale au Fidji et le gros des passagers est descendu à Wallis.

 PC141186

Les personnel d’Air Calin, qui craint vraiment, nous expliques qu’ils ont des « consignes » pour nous laisser choir et ne sont même pas foutu de nous trouver une navette pour Nouméa (qui se trouve tout de même à 40 bornes de là et n’est reliée que par la route et qu’il n’y a aucun bus qui fasse le trajet à cette heure-ci). Aucun hébergement n’est prévu par la compagnie, pas même une petite aide pour trouver un hôtel, rien, que dalle… ils ont des instructions ! Je rêve. Bon, je ne rêve pas. J’appelle Karine d’un téléphone que quelqu’un veut bien me prêter et me trouve une navette tout seul comme un grand sur le parking. Les instructions d’Air Calin, outre de laisser le client en rade à l’aéroport, sont de passer le lendemain matin à leur bureau de Nouméa afin de voir ce qu’il est possible de faire. Flou total.

 

Chez Karine, c’est de plus en plus compliqué car ce n’est plus chez Karine. C’était déjà le cas les jours précédent car elle à rendu son appart’ il y a quelques semaines et qu’elle s’en est fait prêté un autre, plus petit. On va se débrouiller, comme toujours. Bien que le frigo et les placards soient vides, Karine rentrant en métropole dans quelques jours, il y a des bières au frais, fraichement achetées pour fêter mon retour. Merci Mlle K, cette délicate attention m’aidera à faire retomber un peu la tension qui m’anime.

 

Le lendemain, au prix d’un planning fort complexe, Karine met sa voiture à ma disposition pour que je me rende à l’agence Air Calin de Nouméa. J’attends, sont pas pressés chez Air Calin, des instructions sans doute. Vient mon tour. Bonne nouvelle, le prochain vol qui me conduira au Fidji est pris en charge. En revanche, les frais, navette et hébergement sont pour ma pomme. Heureusement que je connais quelqu’un sur place... Le petit souci, c’est qu’on ne sait toujours pas si je vais pouvoir partir par l’avion du mercredi, une réunion est en cours. Ils me font bien marrer chez Air Calin, ils font une réunion toute la matinée pour savoir si 10 pékins vont pouvoir repartir. Oulàlà, 10 personnes à recaser, faut faire une réunion. Depuis le lundi, 11h du matin, ils savent que 10 malheureux non pas pu arriver à destination, mais ils attendent tranquillou le mardi matin pour faire une réunion. Par contre, pour donner des instructions visant à laisser moisir les clients à l’aéroport, ils ont été plus rapides. Avec un peu de chance, ont-ils du penser, les voyageurs vont se perdre, mourir de faim, se supprimer par désespoir, et le problème sera réglé. Pas de chance, je ne me suis pas perdu, aucun cagou ne m’a dévoré, et Karine a pu me loger. Bon ok, y’a réunion, jusqu’à quand ? Oulà, milieu d’après-midi me dit-on. Surtout ne pas rire… On va m’appeler. Mais je n’ai pas de téléphone. On va appeler mon « contact ». Mais comment mon contact va me prévenir ? On va m’envoyer un email, et de chez mon « contact », je pourrais le lire. Mais je rends la Twingo à midi, Karine en a absolument besoin pour l’après-midi. Comment vais-je faire pour retourner chez elle, et retourner faire un caca nerveux chez Air Calin si je ne reçois pas de d’email ?

 

La réputation de branquignole d’Air Calin n’est plus à faire et tout le monde au bureau de Karine me conseille vivement de m’y pointer direct en début d’après-midi. En effet, s’ils ne me trouvent pas de place sur le vol de mercredi (demain), ils me placeront dans le prochain, le… 28 décembre ! Et là, pas pareil, Karine part vendredi, donc plus d’hébergement, de bagnole, d’internet et de bière dans le frigo. Je stresse.

A l’agence, vers 13h30, on me confirme enfin que je vais bien pouvoir partir mercredi. Ouf, mais la personne en charge des billets électronique n’est pas là. Je dois repasser vers 14h30. Ils commencent à me courir eux… Allez, direction la place des cocotiers pour prendre un café bien mérité. Heureusement que je connais la ville. Je me mets à la place de quelqu’un qui y ferait une simple escale, sans point de repère…

Ça y est, il est 15h et j’ai mon billet. Je prends le bus et me dirige vers Ouemo, le quartier de Nouméa au réside Mlle K. Reste à trouver une navette pour le lendemain, à 5h45 du matin. Pas de téléphone à l’appart d’emprunt et je me galère encore un peu. En 9 mois de voyage, c’est en France, enfin, sur un territoire français que j’aurai eu le plus de galère question transport. Etonnant.

 

 

Mercredi, je me pose à Nadi, aux Fidji après un trajet sans encombre. La ville n’a pas trop souffert du cyclone même si des arbres arrachés témoignent de la violence des événements. J’organise mon périple aux Fidji et m’oriente vers une longue étape sur l’ile de Taveuni, un spot de plongée mondialement réputé. Y aller ne sera pas chose facile puisque je vais devoir prendre le bus jusqu’à Suva, la capitale, et une série de bateaux qui reste encore à déterminer.

 

Avant cela, j’aurai rendez-vous avec une Apsara des temps passés, lointains et chargés d’émotion.
Par Arnaud Bastid
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Samedi 5 décembre 2009 6 05 /12 /Déc /2009 04:15
Non, je ne suis pas retourné à Nîmes, dans mon « plein Sud » à moi. Il s’agit là du Sud du monde connu des bipèdes. J’exagère à peine, il y a bien quelques îles encore plus au sud et bien sur l’Antarctique, mais je crois avoir foulé le Sud du sud de mes petits pieds. Plus que 4803 km jusqu’au pôle sud… la porte à côté depuis Slope Point, le point le plus austral de la Nouvelle-Zélande. Slope Point se trouve dans les Catlins, une zone un peu reculée entre Invercargill et Dunedin. J’y ai passé quelques jours, assez pour rencontrer les autochtones, à savoir les lions de mer. Il s’agit de très grosse otaries de plus de 2 mètres de long et de près de 300 kg. Et bien sûr, encore quelques pingouins dont le rarissime pingouin à tête jaune.

 

Entre autre jolie créature, j’ai aussi rencontré Katie que j’ai aidé à réparer sa poubelle de voiture (pardon Katie, mais ta bagnole, vraiment…). Une bonne panne, ça crée des liens, assez pour aller ensuite crapahuter tous les deux vers Nuggets Point et taquiner les bêtes à fourrure (voir plus haut).

 

Ensuite, j’ai filé vers Dunedin pour m’installer au Bus Stop Backpaker sur la péninsule d’Otago. Le coin est réputé pour sa colonie d’albatros, la seule qui ne soit pas sur une (petite) île. A côté des mouettes, le moins que l’on puisse dire et que l’albatros en impose, 3 mètres d’envergure, ça brasse de l’air ! Pourtant, ils flottent littéralement au grès des courants marin, passant le plus clair de leur existence dans les airs à ne presque jamais battre des ailes.

Et toujours, sur les plages, des lions de mer, dont un très beau spécimen au pelage blanc.

Autre curiosité locale, une colonie de pingouins bleus. On peut les observer sur une des plages de la péninsule, lorsqu’à la tombé du jour, ils arrivent par groupe d’une dizaine pour ensuite envahir la terre ferme. On se retrouve ainsi, de retour sur le parking, avec ces petits pingouins de 25 cm de haut entre les jambes. Mais attention, l’espèce est protégée et le personnel du Ministère de l’Environnement veille au grain. Photo au flash interdite et priorité aux oiseaux. Ils passent et on attend son tour.

 

Ensuite, je me suis dirigé vers Christchurch pour me poser à l’Est de la ville, sur la sauvage péninsule de Banks. Sauvage et humide, la pluie ne cessant de tomber. Le coin a ceci de particulier que la petit bourgade d’Akaroa recèle une multitude de nom de rue en français, jusqu’à la boucherie qui s’appelle… La Boucherie du Village (en français dans le texte donc). Renseignement pris, ceci est du aux premiers habitants occidentaux du coin, des marins français qui avaient fait d’Akaroa leur fief.

 

Bon, il pleut toujours des cordes, je vais tenter ma chance plus au nord, direction Kaikoura et sa péninsule. Beaucoup de péninsules dans cette partie du voyage, la montagne j’ai déjà donnée.

 

Il pleut, c’est désespérant. Même la Guesthouse où je vais passer la nuit à de sérieux problèmes d’infiltration. La cuisine est inondée, le toit ancien de ce bâtiment classé ne faisant plus son office. Profitant d’une rare éclaircie, j’irai à la rencontre d’une colonie d’otaries à fourrure. Bien que de la même famille, ces animaux sont plus petit que les lions de mer. Plus craintifs aussi, mais souvent efficacement protégé par les mouettes qui n’hésitent pas à vous foncer dessus en rase motte pour vous faire déguerpir de leur territoire. Les Oiseaux d’Hitchcock, ça vous dit quelque chose ?

 

Trois jours qu’il pleut sans discontinuer, ou presque. En plus, il fait froid… l’été mon c… ! Bon bon, te fais pas de bile mon Arnaud, après la pluie vient le beau temps. Allez zou, direction Picton pour prendre le ferry pour Wellington au sud de l’île du nord. Route magnifique, enfin j’imagine car le temps est très bas. C’est sympa comme pays, mais à part les otaries et les pingouins, autant aller en Irlande. C’est plus près, ça parle anglais, ça roule à gauche et c’est plein de moutons. Tout pareil quoi, même la météo. Une différence peut-être, les « fish and chips » ne seront pas accompagnés d’une Speight’s, la douce bière blonde légèrement ambrée de Nouvelle-Zélande, mais plutôt d’une Guinness.

 

Picton, pluie, soupe chinoise, dodo, ferry à 6h du mat’.

La mer est bien sûr agitée, ce qui a au moins l’avantage me divertir un peu pendant les 3 heures que dure la traversée entre Picton et Wellington.

 

Wellington, pluie… marre.

 

Bon, au nord peut-être fera-t-il meilleur. Je pars pour Napier, connue pour son architecture Art Déco. La ville effectivement recèle plusieurs façades de ce style, joliment peintes avec ça. Allez, heureusement qu’il n’y a pas de soleil, j’aurais pu être ébloui par tant de couleurs.

 

Je m’installe dans une mini Guesthouse, en périphérie de la bourgade de Clive, en banlieue de Napier si l’on peut dire. C’est une petite maison de bois entourée de champs. A part un couple de Canadiens anglophones, il n’y a personne d’autre que moi. Je profite de la belle cuisine pour me préparer un pavé de saumon sauce crème fraiche champignon. J’ai trouvé un petit vin du Languedoc pour accompagner le plat. Bien que la cuisine empeste maintenant le saumon grillé, ma recette impressionne les hôtes canadiens. Un français, l’accent qui va avec, une poêle une casserole et on passe pour un grand Chef !

 

Surprise, il fait grand soleil au matin ! Non je blague, il pleut toujours.

Dommage, car je vais prendre une fort belle route pour aller en direction de Taupo, au centre de l’île du nord. Elle traverse des forêts accrochées à flan de montagne et parsemées de grands champs escarpés où les montons paissent à leur aise… dans le brouillard, ils sont peinards !

 

Taupo. Je retourne au Tiki Lodge où je m’étais déjà arrêté à l’aller. La météo annonce du beau pour les prochains jours.

 

Beau comme dans mon Sud méditerranéen ? Non, pas tout à fait, mais c’est aussi cela qui fait le charme de la Nouvelle-Zélande et permet au pays d’être si vert, parsemés de fougères géantes et d’arbres moussus.

Par Arnaud Bastid
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Vendredi 4 décembre 2009 5 04 /12 /Déc /2009 23:32

Tout bien réfléchi, on se rend compte lorsque l’on se trouve en Nouvelle-Calédonie que la Nouvelle-Zélande ce n’est pas si loin. Et puis en Nouvelle-Zélande, il y a des pingouins. Deux bonnes raisons pour chevaucher mon tapis volant et partir par delà les mers direction le grand sud. Celui où les gens marchent la tête en bas, où en hiver, c’est l’été, et où les moutons sont si nombreux que l’on pourrait leur donner le droit de vote.

 

Auckland, première étape du périple. Pas que la ville vaille le détour, mais il fallait bien commencer par là pour organiser les choses. Trois semaines à rester en Nouvelle-Zélande, de quoi faire le tour complet du pays.

Je m’oriente vers la location d’une voiture. Ici, ce n’est pas très cher et j’aurai ainsi plus de latitude pour explorer cette grande île.

Je jette mon dévolu sur une vielle Toyota RAV4 (226 000 km au compteur tout de même…), vielle, mais à bon prix et idéale pour faire du tout chemin (tant que le châssis ne frotte pas, moi je dis que ça passe !). Equipé de la sorte, je vais pouvoir faire du camping sauvage dans des endroits bien paumés. Il me faut une tente. Katmandou, le Décat’ local, a pensé à moi et organise une promo tente plus duvet plus matelas. J’achète. Pour la bouffe, je ferai du feu, je suis passé maître en la matière, surtout pour faire du café.

 

C’est parti, direction Taupo au centre de l’île du nord. Le temps n’est pas de la partie et j’abandonne l’idée de camper dehors. Je vais passer la nuit au Tiki Lodge Backpaker. Sur la route, pluvieuse, j’aurai fait un arrêt minute à Rotura pour admirer la géothermie qui fait la réputation de la ville. Il sort du sol des fumeroles soufrées et certains trous recèlent de la boue en ébullition. Amusant, mais ça sent pas bon.

 

L’objectif est de gagner rapidement l’île du sud. Pour cela, je dois prendre le ferry à Wellington et je compte y être le soir même. N’empêche, je ferai un détour par le Tongariro National Park histoire d’aller voir les sommets enneigés du mont Ngauruhoe et du mont Ruapehu.

 

Ca y est, je suis enfin arrivé à Wellington. Je réserve une place sur le ferry du lendemain et vais me promener dans la ville. C’est beaucoup plus joli qu’Auckland. Il semble faire bon vivre dans cette ville côtière et son front de mer est fort animé. Le beau temps, de la partie, doit être pour quelque chose dans mon ressenti.

 

Ferry, débarcadère, Picton. J’ai hâte de voir mon premier pingouin. Je me renseigne. Où sont les pingouins ? Peut-être à Abel National Park. Allons-y. Cela se trouve à l’extrême nord de l’île du sud, vous suivez ? Jusque là, je suis un peu surpris par la Nouvelle-Zélande. Ce n’est pas si sauvage que ça, les routes sont fort bonnes et c’est globalement peuplé de partout. On ne se sent jamais trop isolé, même lorsque l’on sort des sentiers battus. Ce n’est pas comme en Australie sur ce point. On peut même rouler de nuit, il n’y a aucune grosse bête qui va vous foncer dessus. Même les moutons, très présent en effet, restent sagement derrière leur clôture. Et pour le moment, le nord du sud ne déroge pas à la règle. Les véhicules sont nombreux, les touristes avec. Pour l’aventure, on repassera. C’est joli, un peu comme en Europe en fait. Des paysages entre la Bretagne, les Vosges et le Massif Central (oui, la France, c’est l’Europe).

Et les pingouins alors ? Et bien je n’en ai pas vu sur les côtes d’Abel. Par contre, deux canards pas farouches sont venus piqueniquer à coté de mon emplacement de camping. Et oui, première nuit sous la tente, dans un camping.

 

Du nord, j’envisage de faire le tour de l’île à partir de la côte ouest. Je descends donc sur Greymouth en longeant la côte. Le temps est épouvantable. Il pleut fort et il y a du brouillard. Bravant les intempéries, je vais voir du côté du Cape Foulwind en quête d’otaries. A défaut de pingouins, je vais faire avec. Effectivement, j’en vois de loin qui se prélasse sur les rochers humides et venteux du bord de mer. Ces gros animaux se trouvent loin et je les observe depuis une falaise. Bon, mieux que rien.

 

Je passe la nuit à Greymouth, au chaud dans une Guesthouse. Pas question de sortir la tente par ce temps.

 

Départ en direction de Queenstown le lendemain. Je ne sais pas encore où je vais passer la nuit, l’important c’est de descendre vers le sud. Il fait toujours un temps pourri et c’est bien dommage car la route qui longe les fameuses Alpes du sud est magnifique. Malheureusement, je ne vois rien des sommets qui sont pris dans d’épais nuages. Par chance, une éclaircie au passage du Franz Glacier, proche de la route principale, me permet de faire quelques clichés de la coulée de glace. Un glacier, un temps pourri, pour sûr ici, c’est la montagne ! Une montagne abrupte, accidentée et pourtant proche de la mer. Le contraste entre la côte et les sommets, que je devine plus que je ne les vois est saisissant. Sur la route, je ferai aussi un arrêt aux Pancake Stuf, étrange formation alcaline qui fait ressembler la roche à un amoncellement de crêpes géantes posées les unes sur les autres. Vraiment dommage qu’il fasse si mauvais…

 

Toujours en quête de pingouins, je pousse jusqu’à Jackson Head. C’est au-delà de la route principale, et d’ailleurs, ça ne va nulle part. Le temps s’est amélioré et je compte bien trouver les fameux volatiles. Des panneaux annoncent leur présence sur la route, je brûle ! Fin de la route côtière, pas encore vu de pingouins. Qu’à cela ne tienne, je gare la bagnole et continu à pieds passé un petit port de pêche. Je marche longtemps jusqu’à entendre des sortes de caquètements au loin. Je ne connais pas le son produit par un pingouin, mais ce bruit là n’a rien de connu, ça doit donc en être. Et bingo ! En voilà un qui se carapate à travers les rochers. Je saisi l’appareil mais le bête et craintive et se tire vite fait. Clic-clac, photo, observation et le volatile est parti… à pied. Beaucoup de kilomètres pour un oiseau qui ne vole même pas. Mais content quand même.

 

Objectif n°1 atteint, l’objectif n°2 peut commencer. Je souhaite faire du camping très sauvage, tout seul, dans le coin le plus paummé de part ici. Je trouve une piste qui longe la Jackson River et roule longtemps avant de repérer un emplacement idéal au bord de la rivière. Dégun par ici, ce sera parfait. Je plante la tente et fais un feu. J’ai des pates chinoises à cuire dans une gamelle en métal et des saucisses à piquer sur un bout de bois. Un vin local accompagnera le tout. Les montagnes, la rivière et moi, je suis ravi et m’endors rapidement sous un ciel étoilé. Las, vers minuit, la pluie me réveille. Pourvu que ma tente « légère » tienne le coup… Six heures du matin, l’inondation commence. L’eau rentre par la fermeture éclair de mon abri et mon duvet commence à prendre l’eau. C’est en catastrophe, sous une pluie battante et froide que je plis mon barda en urgence. La Nouvelle-Zélande, c’est très vert, et je comprends mieux pourquoi.

 

La route en direction de Queenstown serpente à travers la montagne, très joli… sans le brouillard, persistant. L’après-midi, ça se découvre et vraiment, on se croirait dans les Alpes. Lacs, montagnes et sommets enneigés se succèdent à mon grand enchantement.

 

Rendu à Queenstown, je m’installe à nouveau dans une Guesthouse, au bord du lac. La ville a un air d’Annecy, construite à flan de montagne et dévalant jusqu’au bord du lac Wakatipu.

 

Les activités sont nombreuses par ici, du saut à l’élastique en passant les pistes de luge d’été et les ballades en bateau sur les rivières alentour. Je choisi un tour en Shotover Jet. Ce sont les néo-zélandais qui ont inventé le concept, je vous laisse en prendre connaissance sur la vidéo ci-jointe.

 

Je profiterai aussi de mon 4X4 pour aller explorer la région minière et les ruines datant de la ruée vers l’or du début du siècle dernier. Etonnant comme un RAV4 passe partout. Il y a vraiment de la marge et on peut s’aventurer sur des pistes particulièrement défoncées. Au passage, j’irai toucher la neige et faire un nouveau copain pour Madame Irma.

 

Fin de la haute montagne. Je pars ce matin en direction d’Invercargill, à l’extrémité sud de l’île du sud. Peut-être vais-je rencontrer d’autres pingouins ?

Par Arnaud Bastid
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Samedi 14 novembre 2009 6 14 /11 /Nov /2009 12:41

J’étais parti pour vous écrire notre semaine de camping en Nouvelle-Calédonie, avec Débo et Karine. J’étais parti et je l’ai fait, j’ai écrit tout ça. Trois pages d’un récit aussi plat qu’une raie pastenague, aussi ennuyeux qu’un vol sans hôtesse et aussi formel qu’un mode d’emploi de shampooing (« Appliquez sur cheveux mouillés – sic ! – Massez en douceur – si tu ne veux pas te faire mal, après tu fais comme tu veux hein…– Rincez abondamment – voilà, ne sois pas radin avec la flotte »).



 

Dois-je vous infliger ça, vous proposer et par conséquent vous faire lire ce récit sans intérêt ? Pas que le périple fut ennuyeux, bien au contraire. De la péripétie en veux-tu en voilà. Des plages de sable blanc comme sur carte postale. Des autochtones adorables. De la route à horaire que si je te dis qu’on a préféré faire un détour de 150 bornes plutôt que de la prendre tu n’y croiras même pas.

Quelques brouilles aussi, des histoires de palmes oubliées dans le coffre de la bagnole ou de cigarettes fumées trop loin… mais rien de bien grave et même trois fois rien pour 3 personnes au caractère bien trempé et qui ont du composer avec « l’autre » pendant une semaine de camping.

Il y eu même des situations tendues propre à mettre les nerfs en pelote de tout individu normal. La panne de gaz par exemple. La panne de gaz en camping figure parmi les événements les plus terribles qu’il soit. Pas de gaz, pas de cuisine. Et surtout, pas de café au réveil. Pas de café, journée gâchée. Ainsi, d’une bravoure incroyable Karine et moi, nous avons accepté un matin de faire un café au feu de bois… par grand vent. Malin, car on a fait des études supérieures (et ouais et ouais*), nous avons cru bon de nous mettre dans un faré pour faire le café. Et guise de café, nous avons eu 2 gardois fumés au feu de bois, qui pendant plus d’une heure, ont mis de petit bout de bois sous la cafetière italienne de Débo (ramenée de France à cet effet). Plus d’une heure de lutte pour obtenir un café bouillu, café foutu. Une action pourtant collective, Débo au bois, Arnaud à la chauffe, Karine partout. Echec donc, mais bonne ambiance malgré tout !

Pourtant du gaz, on en a cherché. Chaque station service de la grande terre aura été visitée, chaque quincaillerie prospectée, même celle de Canala. Point de bouteille 300 CV Click Plus Truc de chez Camping Gaz. Rien, nada. Faudra leur dire chez Camping Gaz que ça ne sert à rien de vendre des réchauds si on ne trouve pas les recharges, hein.

 

Donc oui, une très belle semaine, avec plein de choses à voir. Mais je ne suis pas arrivé à la raconter. Même la poule de Hienguène, elle ne rendait pas.

Du coup, après 3 pages de banalités sur la Nouvelle-Calédonie, je n’ai même pas eu le courage d’écrire le récit de nos trois jours passés sur l’île des Pins avec Débo.

 



Avec Débo car Karine avait repris le boulot. Karine elle habite ici, y’a pas que des avantages.

Plein d’inconvénients même. La Nouvelle-Calédonie, c’est très cher. Très très cher. Je ne sais pas comment ils se débrouillent, avec l’Asie du Sud-est si proche et l’Australie ainsi que la Nouvelle-Zélande pas loin, mais tout est cher. A croire qu’ils achètent tout en France, à 17 000 km ! Bref, c’est cher. Et question climat, peut mieux faire. Ca se dit tropical, mais en fait, on se les gèle assez souvent. On se les gèle, ça veut dire du 18-20° sur la terrasse le soir, assez pour sortir la polaire. Et question baignade, sans shorty, tu ne tiens pas plus d’un quart d’heure.

Allez faut pas faire la fine bouche et l’eau est bsouvent d’une limpidité et d’un bleu exceptionnel. Particulièrement à l’île des Pins, situé à 140 km au sud de Nouméa et qui est par conséquent à l’abri des alluvions de la grande terre qui troublent l’eau par endroits. Et sur l’île des Pins, la plupart des plages sont des plages d’atoll, protégé des remous du grand large par une ceinture de corail, rendant l’eau calme et claire et le sable d’une blancheur exceptionnelle.

 

Du très bon et du très beau que tout cela.

 

Alors pourquoi tant de difficulté à la raconter ? Je ne sais pas, comme une sensation de faire le nénuphar. Je m’explique. Toujours en voyage, toujours loin de chez moi, j’ai eu pourtant la sensation à Nouméa d’être comme à la maison. Le fait d’être logé chez Karine, la présence de Déborah et notre grande proximité ne sont pas étrangers à cette sensation. Donc voilà, comme un nénuphar, je n’étais pas à même le sol, mon sol, mon chez moi, et pas non plus en voyage, totalement dans les airs.

Vous n’avez rien compris ? Ce n’est pas grave, retenez qu’un nénuphar, c’est joli.


Dès demain, le nénuphar va reprendre son tapis volant et partir en direction du grand sud. Le grand sud d’ici, outre Goro, c’est la Nouvelle-Zélande. Ce n’était pas prévu, mais un matin je me suis dis : tiens, et si j’allais en Nouvelle-Zélande. Et voilà, demain, j’atterri à Auckland.

 

A bientôt.

 

 

* et ouais, et ouais Débo

Par Arnaud Bastid
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Mardi 20 octobre 2009 2 20 /10 /Oct /2009 11:26

D’habitude, lorsque je change de pays, ou de continent, personne de m’attend à la descente de l’avion. Il s’ensuit un sentiment de toute puissance face à la nouveauté, une sorte d’excitation liée à une nouvelle aventure qui commence, mais aussi, parfois, un grand désarroi. Quel bus prendre, où aller ? Que dit le guide, et où je l’ai foutu le guide ? Dans mon sac, lequel, j’en ai deux… Et gérer aussi les rabatteurs, pas toujours bien intentionnés, qui attendent le touriste à sa descente de l’avion, à la frontière, au détour du chemin qui le mène là. Grosse fatigue.

 

A Nouméa, changement d’ambiance, on m’attend. Je suis attendu à la descente de l’avion pour la 1e fois en sept mois de voyage. On m’attend, pas de bus à trouver, de logement à chercher, de plan de ville à mémoriser par cœur pour déjouer l’itinéraire foireux proposé par un conducteur de 2 roues fraîchement intronisé « mototaxi » par l’adversité.

 

On m’attend. Et plus que ça, on m’attend avec un collier de fleurs à la main. Karine et Déborah sont là à ma descente de l’avion, tout sourire, fleurs à la main et voiture sur le parking. Pas de décalage horaire entre Sydney et Nouméa, je suis frais et dispo pour mes amis et les retrouvailles qui vont avec. Embrassade, accolade, rire. L’arrivée rêvée du voyageur paumé.

 

Par contre, pour écrire un blog, c’est moins bien. A trois, le temps passe plus vite et la parole remplace l’écrit. L’envie d’écrire se fait moins forte. Allez gentil lecteur, je te résume quand même la semaine :

 

Le jour de mon arrivée, samedi donc, nous avons été invités à une soirée chez d’aisés expatriés et je me suis pris une caisse mémorable (mais bon enfant).

 

Dimanche, nous avons fait une petite balade en foret (tropicale évidement) suivi d’un joli pique-nique au taboulé. Taboulé salvateur pour me débarrasser d’une tenante nausée. Nausée de retour après avoir goûté l’infâme kava sur la plage de Nouville. Le kava, c’est la boisson locale, un truc à base de racines écrasées et fermentées. C’est vraiment pas bon et ça anesthésie la langue et la gorge… et le cerveau au troisième verre !

 

Lundi, avec Débo, nous sommes partis dans le « grand sud », vers Yaté, avec la vieille Twingo de Karine. Elle bosse cette semaine mais peut se passer de sa voiture.

 

Mardi, nous avons fait une journée culture en allant visiter le magnifique Centre Culturel Jean-Marie Tjibaou, dont l’architecture rappelle les cases traditionnelles kanakes, y ajoutant en plus la majesté des grands bâtiments à l’esthétique moderne.

 

Mercredi, sans voiture, nous avons pris le bateau depuis l’anse Vata, plage proche de là où habite Karine, pour nous rendre sur l’ilot canard, en face. Sur site, petite plongée en apnée à la découverte des fonds du lagon de Nouméa.

 

Le lendemain, nous avons pris place à bord d’un bateau de plongée pour nous rendre sur la passe Dumbéa et aller taquiner le requin armés de nos bouteilles d’air comprimé. En fait de requin, absent ce jour là, nous avons nagé avec une énorme tortue de plus d’un mètre cinquante. Entre autre créature, nous avons aussi croisé quelques placides poissons Napoléon, d’un bon mètre chacun et plusieurs murènes vertes grosses comme la cuisse ainsi qu’une multitude de loches (mérous) aussi nombreuses qu’appétissantes. Point de requin marteau donc, mais du « gros » en grande quantité.

 

Vendredi, je sais plus (lecteur, y’en a marre, l’apéro m’attend…).

 

Samedi (l’apéro n’est pas encore servi…). Samedi ? Sortie en catamaran avec des amis de Karine. Ils sortent en bateau et en même temps sortent la maison, c’est tellement pratique. Et puis pour aérer les chambres, rien de tel. Re plongée, re soleil, ami lecteur, je sais chez toi il fait froid, mais ici il fait beau. Voilà, c’est comme ça. Pour le reste, fais preuve d’imagination en regardant les photos.

 

Dimanche, on a rien fait parce qu’on était fatigué (pffff, j’ai trouvé que ça pour écourter).

 

Allez zou, apéro sur la terrasse, fait bon ce soir.

 

 

Mardi, on se lance à l’assaut de la grande terre par la route. Huit jours de balade, de quoi écrire un bel article (euh, si j’ai le temps, parce que entre la plage, les soirées tropicales, la plongée et le reste, hein…).
Par Arnaud Bastid
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