Mardi 24 mars 2009 2 24 /03 /Mars /2009 14:51

Voilà une petite semaine que je suis en Chine continentale, à Yangshuo plus précisément, dans la province du Guangxi. Demain mercredi, je prends le bus direction le Vietnam.

 

J’ai choisi cette étape en Chine précisément, parce que je ne comptais pas rester longtemps dans le pays. D’ailleurs, je ne devais pas me rendre en Chine. C’est au dernier moment que, l’agence de voyage où j’ai acheté l’ensemble des billets pour mon tour du monde, m’annonça qu'une arrivée à Bangkok ou à Hong-Kong ne changeait rien au tarif. Alors même pour quelques jours, la tentation d’aller faire un petit tour en Chine l’a emporté. Et la région de Yangshuo était le choix à priori idéal puisque cette étape me permettrait d’arriver au Vietnam depuis Hong-Kong sans faire un trop gros détour, la province du Guangxi étant précisément située entre celle du Guangdong, là où se trouve Hong-Kong, et le Vietnam. De plus, au dire des guides touristiques et de mon ami Richard, la ville de Yangshuo offrait un petit concentré de Chine, facile d’accès, puisque tout y est dédié au tourisme. Enfin, l’étape n’étant pas touristique par hasard, je savais y trouver des paysages rares fait de formations karstiques exceptionnelles, sortes de pain de sucres géants recouverts d’une dense végétation subtropicale et parcouru par la célèbre rivière Li.

 

Et je n’ai pas été déçu. La ville est en effet pareille à toutes les villes touristiques du monde, facile. On y parle anglais couramment dans la plupart des commerces et hôtels et les activités y sont nombreuses. Je suis par exemple aller faire de l'escalade avec un groupe de norvégeo-suédois. Ils envoyaient du lourd, genre 7a en moyenne (les initiés comprendront) sur de la paroi avec un assez bon grip, mais tout en devers. Je n'ai pas dépassé le 6a+, et encore en second... et sans arriver à finir aucune voie... Il faut savoir rester humble, ils étaient bien meilleurs que moi (et bien plus costauds aussi!), mais je me suis quand même bien régalé.

J'ai aussi fait plusieurs ballades en vélo, dont deux comptant plus de 30 bornes au compteur. La 1ère pour gagner Xingping, petit village de pêcheur sur la rivière Li, au nord de Yangsho, la 2nd pour rallier Liugong, toujours sur la rivière Li mais au sud-est cette fois-ci.

Et samedi, saturday night fever dans les rues animées de la ville. J'ai rencontré un groupe de norvégiennes bien sympa... et passablement alcoolisées ! Elles s'étaient arrangées avec un bar/boite de nuit pour avoir des bières gratuites en échange de mettre une bonne ambiance et de faire des photos avec les touristes chinois. Imaginez un groupe d'une douzaine d'étudiants (étudiantes à 80%) buvant à l'oeil comme des trous et dansant avec des chinois et chinoises ravis par cette ambiance à l'accent nordique et aux cheveux clairs. Je me suis bien marré (et j'ai bu quelques bières à l'oeil même si je n'ai pas les cheveux clairs).

Un autre aspect de la ville, moins touristique mais intéressant, et le fait qu’elle possède de nombreux véhicules électriques, dont pléthore de scooter. On les retrouve partout, tant en centre ville qu’alentours. J’en ai croisé à plus de 10 km de la ville lors de mes ballades en vélo. Renseignements pris, on m’a assuré que ces scooters avaient dans les 120 km d’autonomie et qu’ils pouvaient atteindre les 50 km/h en pointe, le tout pour la modique somme de 300 €. Eh dites, c’est quand qu’on se les procure en France ?


En revanche, je n’ai pas succombé à une ballade en bateau de bambou sur la rivière Li. Là on était dans LE truc à touriste du coin… limite populo que si tu le fais pas tu n’as pas amorti tes congés payés ! Ouf, je ne suis pas en congés payés et j’ai eu une bonne excuse pour y échapper. J’ai fais des trucs plus rare, comme de grimper la colline surplombant la ville. Cela n’a l’air de rien, mais rien que pour trouver l’étroit passage à travers les immeubles des quartiers ouest de la ville, il m’a fallu près d’une heure… et ce n’était pas dans le guide du routard. Pourtant, quelle vue !

 

Bref, cette semaine tranquille m’a permis de me couler progressivement dans mon costume de touriste en CDD. Car voyez-vous, il s’agit d’une activité difficile. Le rythme, par exemple, n’est pas évident à trouver. Pas trop rapide, car tout de même, on est en vacances ! Ni trop lent, car ce serait dommage de rater quelque chose, sachant qu’on ne reviendra pas de si tôt… Et aussi, parmi les petites choses à régler pour être le parfais touriste, se débarrasser de cette impression persistante de payer toujours plus que les autres. La parano du voyageur en terre hostile ! J’en rigole car cette parano, pour réelle qu’elle soit, concerne des sommes assez négligeables. Par exemple, j’étais assez remonté lorsque j’appris que Avril, mon partenaire d’escalade norvégien, avait payé 15 yuans pour venir en bus de Guilin alors que j’avais payé 25 yuans pour le même trajet. Merde, 1€ d’écart, le crime de lèse routard, l’escroquerie caractérisée, voire le signe d’un complot à mon encontre, décidées par des puissances occultes à toute fin de me pourrir mon voyage ! Très remonté j’étais ! Du coup, je n’ai eu de cesse de consommer bol de nouilles sur bol de nouilles au lieu d’aller dans un resto à touriste, ceci afin de compenser cet écart budgétaire et faire chier les comploteurs… A 0,30€ le bol, j’ai vite été dans mes frais!

Trêve de galéjade, la Chine est un pays où l’affichage des prix n’est pas obligatoire et où le marchandage est pratique courante. Il vaut mieux le savoir et ne pas hésiter à négocier le cas échéant.

 

Demain, départ pour Nanning par le bus de 9h. Je suis passé par le service de mon hôtel pour la résa. Il m’en coûte 14€ pour 6h de bus. J’espère avoir payé le bon prix (mais oui Arnaud, détends toi…). Ensuite à Nanning, charge à moi de trouver un autre bus pour la ville frontalière de Pingxiang. Selon toute vraisemblance, je vais devoir passer la nuit là-bas car la frontière ferme à 17h et qu’il me faudra environ 3h pour aller de Nanning à Pingxiang. Je craints un peu les villes frontalières comme lieu de villégiature. En général, hormis les autochtones, on y trouve que des bandits (si si…) et des touristes égarés. Et tel cet oiseau voyageur bien connu, le touriste égaré se fait souvent plumer (on a dit pas de parano !). Donc arrivée au Vietnam jeudi matin, par la ville frontalière de Dong Dang. Rien ne retient à priori l’intérêt du voyageur à Dong Dang excepté sa position de ville frontière. Je prévois donc de gagner rapidement la ville de Lang Son située à 18 km de là. Je vais y passer une nuit ou deux pour organiser mon parcours au Vietnam. Première étape véritable dans ce pays, la ville de Cao Bang située dans la province éponyme, au nord du pays. Superbes cascades, grottes et paysages karstiques sont au programme...

Par Arnaud Bastid
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Dimanche 22 mars 2009 7 22 /03 /Mars /2009 11:38

Shenzhen est l’une des villes les plus peuplée de Chine et aussi l’un des poumons économiques du pays. Pensez donc, elle est passée de 30.000 habitants dans les années 70, à 10 millions aujourd’hui et compte pour près de 15% des exportations du pays. Mais malgré son importance, elle ne figure pas dans le guide du routard, c’est dire son intérêt touristique… C’est pourtant dans cette ville que je me suis retrouvé coincé 3 heures mercredi, suite aux bons ( ?) conseils d’une agente de l’office des transports chinois.

 

Je devais me rendre à Guilin par un train de nuit et 2 choix s’offraient à moi à partir de Hong-Kong. Ou bien passer par Canton, ou bien passer par Shenzhen. Les guide touristiques, dont le routard, conseillent Canton, mais l’agente de l’office m’a assuré que c’était bien plus pratique par Shenzen, notamment parce qu’il n’y avait aucun transport à prendre entre la gare où je devait prendre le train pour Guilin et la gare, de type gare de RER, par laquelle je devais arriver de Hong-Kong. Va pour Shenzhen alors.

 

Cette ville a donc été mon premier contact avec la Chine continentale. Et je dois dire que lorsqu’on arrive de Hong-Kong, c’est assez différent. En flânant aux abords de la gare, j’ai été un peu surpris de voir les motards de la police sans casque, rouler sur les très larges avenues bordées d’immenses gratte-ciels. La Chine, c’est grand, moderne et un peu archaïque à la fois.

Tout en marchant sur les avenues avec mon gros sac à dos, je me suis régulièrement fait proposer « one bôtifull gîrl fô you » (une très belle fille pour vous) ou bien un « good méssache sœur ? » (un bon massage monsieur ?…). Ce petit commerce a lieu dans les étroites rues qui bordent les immeubles d’affaires, souvent sous le regard conciliant d’un flic nonchalamment appuyé sur sa petite matraque en bambou d’1m20 de long. Des bordels oui, mais sans désordre.

 

Mais bigre, pourquoi toutes ces rabatteuses me proposent-elles des filles alors qu’avec mon gros sac à dos, j’ai plus l’air d’un voyageur au long court que d’un quidam en quête de plaisir facile ?

C’est que Shenzhen est l’une des portes de la mondialisation et nombreux sont les produits que nous consommons qui sont fabriqués là-bas. Et il faut bien les acheter ces produits avant qu’ils n’arrivent sur les étals de nos supermarchés, n’est-ce pas ? Et qui les achète ces produits ? Des hommes d’affaires occidentaux munis de gros sacs ou de grosses valises à roulettes, ceci  pour transporter les échantillons ou les modèles à faire fabriquer sur place. Et où logent-ils ces hommes d’affaires ? Souvent à Hong-kong, car c’est à peine à une heures de RER de Shenzhen. Et aussi parce que c’est plus confortable et bien desservie en avion du monde entier. Et que font-ils ces hommes d’affaires à gros sacs avant de reprendre le train pour Hong-Kong ? Ils s’en payent une bonne tranche avec les bénéfices de la mondialisation !

 

Le peu que j’ai vu de Shenzhen ne m’a pas donné envie d’y rester plus longtemps. C’est assez logique pour une ville usine dont les quartiers d’affaires font passer celui de La Défense à Paris pour une zone sismique ; Si instable qu’elle impose la construction d’immeuble petits et bas…

 




Maintenant, direction Guilin, par le train de nuit. Départ 17h51, arrivée 6h45.


Train de nuit très confortable au demeurant puisque j'ai pris l'option « couchette deluxe » (le confort va de siège dur à couchette molle, en passant par siège confort et couchette dure). J'ai partagé le compartiment avec Mr. Benjamin, un chinois de Hong-Kong fort sympathique. Il m'a invité à manger dans le wagon restaurant et nous avons devisé toute la soirée à propos de la Chine, de son évolution socio-économique, de Hong-Kong et même du Tibet! Mr. Benjamin, pour sa part, était déjà allé en France et en Europe en général, ce qui a encore enrichi la conversation.


Arrivée à Guilin à 6h45 où j'ai pris un bus direct pour Yangshuo.


 



NB : En Chine, je ne peux pas voir le blog, il est inaccessible. En revanche, je peux l’administrer. Donc, ici on est libre d’avoir un blog, de s’exprimer librement… mais personne dans le pays ne vous lira jamais. Sont forts ces chinois !

Par Arnaud Bastid
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Mardi 17 mars 2009 2 17 /03 /Mars /2009 16:25

Il est des villes où l’on se sent tout de suite à son aise. Hong-Kong en fait partie. Ce territoire hyper urbanisé a été pensé de longue date pour maximiser tout ce qui fait l’essence d’une grande ville.


L’espace d’abord, puisque nous avons à faire à une étonnante occupation du sol part des buildings aussi hauts qu’hétérocycliques. On est guère surpris par les nombreux immeubles d’affaires, tout de verre et d’acier recouvert. Non, ce qui surprend le plus, ce sont les immeubles d’habitations, très étroits, certains aussi larges qu’une grande maison, mais qui montent à des hauteurs vertigineuses. Et comme chaque mètre carré compte, c’est au travers de passerelles et par d’étroits escaliers que l’on circule dans la ville. C’est là un des aspects qui caractérisent Hong-Kong. La concentration y est telle que, outre les passerelles dédiées aux piétons, somme toute assez classique dans une ville, on est surpris par les étroits tramways à impériale. Tout ce qui peut servir au déplacement à cours à Hong-Kong. Tramway, métro souterrain, bus, ferry entre les deux rives de la ville – Hong-Kong et Kowloon – tout… et même quelques voitures. Mais peu au regard des millions de personnes qui sillonnent la ville. Il faut dire que compte tenu du manque d’espace, la place de parking ne doit pas être donnée...


Enfin, autre caractéristique d’une ville qui tourne bien, l’interaction entre les différents lieux de vie est ici permanente. Point de « zoning » à l’américaine, découpant la ville en de grandes superficies à usage unique. Chaque zone dédiée à une activité, les affaires par exemple, voisine directement avec une autre, dédiée aux commerces, qui eux même ne sont pas loin de restaurants. Au détour d’une rue, on trouve un marché. Quelques dizaines de mètres plus loin, un immeuble d’affaires, lui-même proche d’une station de métro. Tout s’entremêle ou est très proche, les gens avec. Hong-Kong, c’est l’hyper ville. La contrainte géopolitique a empêché son étalement lorsque la ville appartenait aux britanniques. Tout a donc été rationalisé à l’extrême. En résulte une ville pratique et peu polluée, mais où le prix du mètre carré, et par conséquent des loyers, est l’un des plus élevé du monde.


Question tourisme, je suis allé me balader du côté de Kowloon puis du côté de l’ile historique de Hong-Kong. C’est assez proche en terme de ressenti bien que Kowloon soit assez bas, du fait de la proximité de l’ancien aéroport, et que Hong-Kong soit beaucoup plus tarabiscoté et hétéroclite au niveau architectural. 


Les immeubles sont plus hauts, plus entrelacés et agencés de façon à suivre la forte pente de la montagne sur laquelle ils sont bâtis.  En effet, Hong-Kong est une île montagne et son dénivelé est assez prononcé. Si prononcé d’ailleurs que la ville abrite en son centre le plus long escalator du monde.








Le sommet de l’île culmine à 552 m et l'on peut s’y rendre en funiculaire. 


La montée s’effectue en 8 min en longeant les immeubles ultramodernes pour finir dans la végétation en fin de parcours. La vue au sommet est extraordinaire et permet de capter la ville dans son ensemble. La baie impressionne avec ses différentes haies d’immeubles allant jusqu’à la mer et aux bateaux qui la sillonnes.


Hong-Kong c’est aussi une gastronomie variée et bon marché. Enfin bon marché si l’on accepte de manger dans la rue, sur une table en formica, le séant posé sur un tabouret de jardin. Quoi qu’il en soit, et au-delà du lieu choisi, la vie est peu chère à Hong-Kong. Nonobstant les prix de l’immobilier, on y mange bien pour pas cher et les boutiques, nombreuses, affichent les grandes marques à minimum moins 20% par rapport à la France. Je me suis d’ailleurs acheter un joli appareil photo étanche à 10m et antichoc. L’outil idéal pour mon périple. Il remplace mon téléphone qui me servait jusque là  pour prendre les photos. Ceci explique l’inégale qualité des images qui accompagnent ce texte.




Mercredi, je quitte Hong-Kong pour Guilin via Canton. J’ai fait une demande de visa express moyennant un supplément et je retire le document dès demain. En effet, moyennant un supplément légal de 25€, j’ai pu régler les formalités en 24h au lieu de 3 jours. Et à 40€ la chambre de 5m² (chiotte et douche inclus), le supplément en vaut la peine, sauf à vouloir s’éterniser ici.

Par Arnaud Bastid
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Mercredi 11 mars 2009 3 11 /03 /Mars /2009 13:32

Par Arnaud Bastid
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